Entrevue de Jean Pierre Makosso, auteur du livre « La voix du conteur »

Francine Minville :  Bonjour monsieur Makosso. Pouvez-vous nous dire comment est née, chez vous, l’idée d’écrire votre premier livre « La voix du conteur » ?

Jean Pierre Makosso :  Bonjour madame Minville. Au départ, je ne voulais pas écrire et être publié. À l’âge de 16 ans, j’ai écrit une pièce de théâtre que j’ai acheminé à Radio-France internationale pour le concours international du théâtre vivant. J’ai reçu une réponse des organisateurs du concours me disant que la pièce était classée parmi les meilleures, mais elle n’a pas été sélectionnée à cause de la fin qui était trop brusque. On me demandait alors de réécrire la fin de la pièce et de l’acheminer à nouveau l’année suivante. Je ne l’ai pas fait, car il y avait une urgence. Je voulais que la pièce soit sélectionnée, radio diffusée et publiée le plus vite possible, car les jeunes de mon âge dont les parents n’avaient pas assez de moyens, abandonnaient les études et se lançaient dans la drogue, l’alcool et d’autres plaisirs éphémères qui n’étaient pas de leur âge. À travers cette pièce de théâtre, je sollicitais une aide internationale immédiate. C’était un appel au secours. Cela ne pouvait pas attendre deux ans. À l’âge de 25 ans, j’ai écrit un recueil de poèmes et l’éditeur africain, dont je préfère taire le nom, m’a trouvé trop « engagé ». Il a eu peur de le publier dans une Afrique non-démocratique. Depuis ce jour, j’ai voulu porter moi-même sur scène tout ce que j’écris, soit en tant que metteur en scène ou acteur.

Revenons à votre question. L’idée d’écrire La voix du conteur est née d’un canadien francophone, Mike Allen, que j’ai rencontré lors de mes Conférences-ateliers sur le conte Franco-Africain que je donnais aux professeurs. À la fin de l’atelier, Mike Allen est venu me remercier et m’a dit : « Je suis de passage à Vancouver et croyez-moi, vous êtes formidable. Voici mon numéro de téléphone. Si jamais vous venez à Vernon, appelez-moi. » Un an plus tard, j’étais en tournée scolaire à Vernon et j’en ai profité pour lui téléphoner. Il est venu me chercher à mon hôtel pour aller dîner. Ce soir-là, il a écouté certaines nouvelles et paroles qui se trouvent justement dans La voix du conteur. Il est revenu le lendemain et m’a supplié d’écrire et de publier. Je lui ai promis, mais je ne l’ai pas fait aussitôt. Plus tard, Joëlle Morgan, journaliste francophone à Radio-Canada à Winnipeg, au Manitoba, m’a acheminé un e-mail me demandant si j’étais intéressé à écrire des billets d’humeur de trois minutes pour l’émission « Un certain dimanche ». J’ai alors accepté et c’était le début de La voix du conteur.
 
FM : Lorsque vous écrivez, comment cela se passe-t-il ?

JPM :  Cela se passe le plus naturellement possible. Je me sers un verre d’eau, je m’assois devant l’ordinateur et je commence à taper. C’est avant d’écrire qu’il se passe des choses. Il y a dans ma tête un grand festival de mots, de phrases. Je peux être assis quelque part dans un parc, au restaurant, à la plage ou dans une salle de cinéma et une idée me vient en tête… c’est l’écriture qui commence. À ce moment-là, je peux écrire un, deux ou trois chapitres dans ma tête. Je ne me précipite pas aussitôt sur l’ordinateur ou sur un carnet de notes, je laisse plutôt mûrir. Des personnages jouent dans ma tête. Quand une idée m’arrive lorsque je suis sur la route, je m’arrête, je trouve un endroit où je ne dérangerai personne et j’improvise. Je crée les personnages. Je parle à la nature et je joue devant elle. Je lui exprime mes émotions à savoir mes joies, mes craintes, mes angoisses. J’éclate ma colère sur elle. Avant d’écrire mes textes, j’en parle d’abord à la nature. Si un texte se perd dans ma tête, cela veut dire qu’il n’est pas fait pour être écrit. Je ne m’en fais pas, je ne vais pas à sa recherche. Je ne vais même pas y penser. Je passe plusieurs mois à ruminer le même texte et à répéter à la nature les mêmes paroles. Cette nature peut être représentée soit par une forêt, un océan, un lac, une rivière, une chute d’eau ou une montagne. Lorsque je suis convaincu qu’elle m’a bien écouté et lorsque je suis certain que je porte bien mon texte sur mes épaules, alors je me place tout simplement devant l’ordinateur et j’accouche en « dégustant » un verre d’eau ! (rire)

(….)

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